L'humanité souffre,
et je souffre avec elle.
Tout ce que je ressentais, c'était la faim. Une faim terrible, que j'aurais pu appeler manque, besoin, impuissance, frustration, vide, et qui m'obsédait, me rongeait, m'engloutirait bientôt. Qui gachait mes journées, qui pourrissait mes nuits, me tenant éveillée de lonhues heures maudites, de longues heures de tortures oùù j'aurais pu trouver un peu de répit, qui décolorait l'aube et le ciel, plombait les musiques les plus gaies, changeait les airs de danses en marches funèbres, les films comiques en tragédies grecques, la nature en désert et mes rêves en poussière. C'était comme une fièvre, une mauvaise défonce, une crise de manque, cette faim impossible à assouvir dont j'étais possédée. Je détestais ma vie.